Devenir installateur IRVE : formation, qualification et accès aux bornes de recharge puissantes
Publié par : Élise de La Ferrière — Rédactrice spécialisée en electrique & Hybride
Installer une borne de recharge ne consiste pas à raccorder un équipement au tableau électrique. Pour intervenir sur les projets les plus courants, sécuriser ses chantiers et répondre aux demandes de particuliers comme de professionnels, l’électricien doit maîtriser le cadre IRVE, suivre une formation adaptée et obtenir une qualification auprès d’un organisme reconnu. Le parcours dépend de la puissance visée et se poursuit par la constitution d’un dossier professionnel.
Le métier d’installateur de borne de recharge : des chantiers variés, une expertise précise
Un installateur IRVE intervient sur les infrastructures de recharge pour véhicules électriques, depuis l’étude du besoin jusqu’à la mise en service. Son travail comprend le diagnostic de l’installation existante, le dimensionnement de l’alimentation, le choix des protections, la pose de la borne, les réglages de communication et de supervision, ainsi que les explications données à l’utilisateur.
Cette spécialisation permet à une entreprise d’électricité de répondre à des demandes variées : maison individuelle, copropriété, parking d’entreprise, commerce, hôtel, restaurant, collectivité ou station de recharge. Les bornes en courant alternatif couvrent notamment des puissances de 7,4 kW à 22 kW. Les installations en courant continu destinées à la recharge rapide peuvent atteindre 350 kW, avec une plage citée de 50 kW à 350 kW.
Une diversification cohérente pour un électricien
La borne de recharge prolonge naturellement les compétences d’un professionnel de l’électricité : distribution, protections, tableaux, cheminement des câbles et mise en conformité. Plus de 100 000 bornes ouvertes au public sont installées en France, selon ChargeGuru. La demande concerne aussi les parcs privés, car les particuliers et les organisations équipent progressivement leurs places de stationnement.
Cette activité ne se limite pas à la pose. Elle peut inclure la maintenance, le dépannage, le paramétrage d’une borne communicante ou la supervision d’un parc. L’entreprise peut ainsi proposer des prestations récurrentes et développer une expertise plus technique que lors d’une intervention électrique standard.
Le seuil de 3,7 kW : comprendre ce que la qualification IRVE change
La norme NF C 15-100 sert de référence pour l’installation électrique. Pour les points de charge d’une puissance strictement supérieure à 3,7 kW, l’intervention d’un professionnel qualifié IRVE est requise dans les cas prévus par la réglementation. Ce seuil distingue une intervention de faible puissance d’un projet de borne soumis à une compétence reconnue.
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| Projet envisagé | Puissance citée | Compétence à prévoir |
|---|---|---|
| Prise renforcée | Environ 2,2 kW, soit environ 10 km rechargés par heure | Solution limitée, à évaluer selon le bâtiment et l’usage |
| Point de charge de faible puissance | 3,7 kW ou moins | Accessible dans certains bâtiments privés non accessibles au public, selon les situations |
| Borne AC | De 7,4 kW à 22 kW | Qualification IRVE adaptée au projet |
| Recharge rapide DC | De 50 kW à 350 kW | Compétence dédiée à la recharge rapide et étude renforcée |
Au-delà de la pose, une responsabilité de conception
Une borne est le point final d’une chaîne électrique. La puissance disponible, l’abonnement, l’équilibre des phases, la sélectivité des protections, la longueur des câbles et les usages simultanés doivent être étudiés ensemble. Le projet dépend aussi du bâtiment, du véhicule et des habitudes de stationnement. Se fier uniquement aux kilowatts peut conduire à surdimensionner l’équipement. La durée d’immobilisation des véhicules aide souvent à proposer une solution plus juste, évolutive et compréhensible pour le client.
La qualification apporte un cadre de confiance. Elle montre que l’entreprise est préparée à traiter des installations de plus forte puissance, des bornes communicantes et des projets pouvant nécessiter une supervision. Elle facilite également l’accès à certains projets subventionnés, notamment via la prime ADVENIR.
Choisir la formation IRVE selon les chantiers visés
La formation ne doit pas être choisie uniquement pour obtenir une attestation. Elle doit correspondre au type de clientèle et aux installations que l’entreprise souhaite réellement traiter. Les parcours cités sont organisés en trois niveaux : P1, P2 et P3.
P1, P2 et P3 : une montée en compétence progressive
- P1 correspond à la formation de base. Elle concerne les installations qui ne demandent pas de configuration spécifique de communication ou de supervision.
- P2 vise les bornes communicantes et les installations avec supervision, jusqu’à 22 kVA. Ce niveau convient à de nombreux projets résidentiels collectifs et tertiaires.
- P3 concerne la recharge rapide de plus de 22 kVA. Il s’adresse aux projets plus complexes, lorsqu’une infrastructure de forte puissance doit être étudiée et exploitée.
Avant de s’inscrire, l’entreprise a intérêt à recenser les demandes déjà reçues ou ciblées : maisons individuelles, parkings d’entreprise, copropriétés, commerces ou hubs de recharge. Un électricien qui vise des bornes de 7,4 kW ou de 22 kW n’a pas les mêmes besoins qu’une entreprise qui souhaite répondre à des projets de recharge rapide en courant continu.
AFNOR ou Qualifelec : préparer une candidature solide
AFNOR et Qualifelec figurent parmi les organismes cités pour la qualification IRVE. Le choix dépend du référentiel applicable à l’activité visée, des pièces demandées et de l’organisation administrative de l’entreprise. Dans les deux cas, la formation est une étape essentielle, mais elle ne remplace pas le dossier de qualification.
| Point de comparaison | AFNOR | Qualifelec |
|---|---|---|
| Prestations de référence demandées | 2 dossiers | 4 dossiers |
| Ancienneté indiquée des références | Moins de 2 ans | À vérifier selon la qualification demandée |
| Domaines concernés | Installation, maintenance ou conception selon la mention | Installation, maintenance ou conception selon la qualification |
| Validité annoncée | 4 ans | À confirmer dans le référentiel applicable |
Les éléments à réunir avant le dépôt
Un dossier de candidature rassemble généralement les justificatifs de l’entreprise, les attestations de formation, les informations sur les moyens humains et techniques, ainsi que les dossiers de prestations de référence. Ces références doivent être précises : description du chantier, nature de l’installation, puissance, rôle de l’entreprise et éléments démontrant la conformité du travail réalisé.
Il est préférable de réunir ces preuves au fil des chantiers plutôt que d’attendre le dépôt. Les photographies des étapes utiles, les documents de mise en service et les données techniques facilitent la préparation d’un dossier lisible. Les conditions exactes, le renouvellement éventuel et les contrôles doivent être vérifiés dans le référentiel de l’organisme choisi.
Transformer la qualification en activité rentable et durable
Une fois qualifiée, l’entreprise doit structurer une offre claire. Pour les particuliers, l’étude préalable et les explications sur la puissance réellement nécessaire peuvent faire la différence. Pour les copropriétés et les entreprises, il faut aussi anticiper l’évolution du parc automobile, les accès utilisateurs et la supervision. Une proposition bien construite distingue l’étude, l’infrastructure électrique, la fourniture de la borne, la pose, la configuration et la maintenance.
Rejoindre un réseau ou un fabricant : ce qu’il faut évaluer
Un partenariat avec un fabricant ou un réseau d’installateurs peut faciliter l’accès aux équipements, aux tarifs professionnels, à un accompagnement technique ou à des interventions locales. Il ne remplace ni la qualification ni l’organisation opérationnelle. Avant de candidater, l’entreprise doit préciser sa zone d’intervention, ses niveaux IRVE, ses équipes disponibles, ses références et les types de sites qu’elle souhaite couvrir.
Les engagements réciproques doivent aussi être clarifiés : qui réalise l’étude, qui assure le service après-vente, qui gère la mise en service, quelles marques sont imposées et comment les demandes sont réparties. Avec ce cadre, la borne de recharge devient une activité structurée qui peut élargir le portefeuille clients sans réduire la qualité d’exécution.
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