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1.3 TCe 140 : une fiabilité rassurante, mais des premières séries à vérifier

Élise de La Ferrière 7 min de lecture
1.3 tce 140 fiabilité : premières séries à vérifier

Publié par : — Rédactrice spécialisée en auto

Le 1.3 TCe 140 présente un bilan de fiabilité globalement rassurant, sans qu’il faille acheter les yeux fermés. Les premières productions demandent davantage de vérifications, notamment sur l’injection, l’antipollution et la commande du turbo. En occasion, l’historique d’entretien et les correctifs réalisés comptent davantage qu’une année d’immatriculation prise isolément.

Un moteur distinct du 1.2 TCe, pas une simple évolution

Lancé en 2018, le 1.3 TCe est un moteur essence à quatre cylindres de 1 332 cm³, avec injection directe et turbocompresseur. La version 140 ch développe 240 Nm dès 1 600 tr/min. Issue de la collaboration Renault-Nissan-Daimler, cette famille porte notamment les désignations H5H ou H5Ht chez Renault, avec des variantes apparentées commercialisées sous les appellations DIG-T chez Nissan et M282 chez Mercedes.

Infographie sur la fiabilité du 1.3 TCe 140 et les défauts rapportés selon les périodes de production
Infographie sur la fiabilité du 1.3 TCe 140 et les défauts rapportés selon les périodes de production

On le retrouve notamment sur des Renault Mégane, Scénic, Kadjar ou Captur, selon les années et configurations. Attention toutefois : une même famille mécanique existe en plusieurs puissances et associations moteur-boîte. Une annonce indiquant seulement « TCe » ne suffit pas pour identifier le véhicule.

Le 1.3 TCe ne doit pas être confondu avec le 1.2 TCe H5Ft. La réputation de ce dernier ne peut pas lui être transférée automatiquement. Les retours sur le 1.3 sont plutôt favorables, mais ils ne constituent pas une mesure statistique du taux de panne.

Face à un PureTech 130 ou à un 1.5 TSI, évitez également les classements absolus : génération exacte, entretien, usage et réparations déjà effectuées changent fortement l’intérêt d’un exemplaire. Une comparaison pertinente porte sur deux voitures identifiées, pas seulement sur deux noms de moteurs.

Premières productions : les périodes qui méritent des justificatifs

Plusieurs défauts de jeunesse sont rapportés avec des dates de correction. Ces repères servent à orienter les questions au vendeur, pas à définir des frontières garanties pour tous les véhicules. La date de fabrication, le marché et le numéro VIN restent déterminants.

Vérifiez les rappels Renault avec votre numéro VIN — Utilisez l’outil officiel Renault pour savoir si votre véhicule est concerné par une campagne de rappel et prendre rendez-vous.

Période de production rapportée Symptôme et cause évoquée Vérification utile
2018 à avril 2019 Ralenti instable ou perte de puissance, associés à la calibration de l’injection. Demander la preuve d’une mise à jour et tester le démarrage à froid.
Jusqu’à septembre 2019 Voyant antipollution, avec notamment le capteur de pression du filtre à particules cité. Contrôler le diagnostic établi et les éventuels remplacements.
Jusqu’à juin 2020 Défaillance du clip ou de la commande de wastegate, perturbant la régulation du turbo. Vérifier les interventions et l’absence de perte de puissance en charge.
Certaines séries de 2021 Voyant d’injection ; une mise à jour est mentionnée en février 2021. Faire confirmer par le réseau l’application d’un correctif au véhicule concerné.

La wastegate régule la pression de suralimentation. Une anomalie de sa commande ne signifie donc pas nécessairement que le turbo complet est à remplacer. De même, un message antipollution ne désigne pas automatiquement un filtre à particules défectueux : les codes défaut et les mesures doivent guider la réparation.

Faut-il éviter toutes les voitures antérieures à mi-2020 ? Non. Un exemplaire ancien, correctement diagnostiqué et corrigé, peut être préférable à une voiture plus récente sans factures. Les productions ultérieures constituent un choix plus rassurant à historique comparable, sans garantie d’absence de panne. Une mise à jour logicielle n’est pas non plus forcément un rappel officiel.

Chaîne, huile et refroidissement : les surveillances essentielles

Une chaîne de distribution ne dispense pas d’entretien

Le 1.3 TCe 140 utilise une chaîne de distribution, et non une courroie à remplacer selon une échéance standard. Ne lui appliquez donc pas un forfait de remplacement de courroie trouvé dans un article généraliste. La chaîne dépend néanmoins d’une lubrification correcte ; un claquement métallique inhabituel, notamment au démarrage, justifie un contrôle.

Un léger tic-tic régulier peut provenir de l’injection directe. Il faut le distinguer d’un bruit nouveau accompagné de vibrations, de ratés ou d’un voyant. Un enregistrement sonore ne suffit pas toujours : l’écoute à froid puis à chaud par un professionnel reste préférable.

Consommation d’huile : mesurer plutôt que supposer

Les retours divergent sur ce point. Certains évoquent, sur des premiers modèles avant 2020, une consommation pouvant atteindre 0,5 L/1 000 km ; d’autres ne décrivent pas de phénomène généralisé. Ce chiffre ne doit être considéré ni comme une consommation normale ni comme un défaut touchant toute la production.

Demandez au propriétaire la fréquence des appoints et contrôlez le niveau dans des conditions comparables. Une baisse répétée exige de rechercher une fuite ou une consommation interne. Du côté du refroidissement, surveillez le boîtier d’eau et le thermostat : traces de liquide séché, niveau qui descend ou odeur inhabituelle doivent être expliqués. N’ouvrez jamais le vase d’expansion à chaud.

Entretien et budget : prévoir sans annoncer une longévité garantie

Une vidange avec filtre tous les 15 000 km ou chaque année constitue une précaution raisonnable, particulièrement en usage urbain avec beaucoup de trajets courts. C’est une recommandation prudente, à distinguer du programme constructeur, qui peut aller jusqu’à 30 000 km ou deux ans selon la configuration. L’huile doit respecter l’homologation prévue pour le véhicule, pas seulement une viscosité choisie au hasard.

Contrôlez le niveau d’huile tous les 2 000 à 3 000 km au départ, puis adaptez la surveillance à son évolution. Pour les bougies, filtres et autres opérations, suivez le plan associé au VIN. Un kilométrage élevé ne justifie pas, à lui seul, le remplacement préventif des injecteurs sans diagnostic.

Les montants suivants sont des ordres de grandeur rapportés, variables selon le modèle, l’atelier, les pièces et la prise en charge éventuelle :

  • Vidange avec filtre : 100 à 150 €.
  • Reprogrammation du calculateur : 100 à 250 €.
  • Capteur de pression du filtre à particules : 150 à 250 €.
  • Boîtier d’eau ou thermostat : 300 à 500 €.
  • Actuateur de turbo : 400 à 700 €.
  • Turbo complet : 900 à 1 500 €, pose comprise.

Une longévité supérieure à 250 000 km est parfois avancée. Elle reste une possibilité conditionnée à l’usage et à l’entretien, non une durée de vie démontrée pour chaque moteur. Aucun kilométrage ne remplace l’examen de son état réel.

Avant l’achat : réunir les preuves et essayer à froid

Le socle d’un bon achat est la continuité de l’historique. Alignez chronologiquement kilométrages, vidanges, appoints et réparations : une facture isolée de remplacement du turbo renseigne moins qu’un dossier expliquant le symptôme, le diagnostic et le résultat. Cette traçabilité permet de distinguer une panne effectivement résolue d’une succession de pièces remplacées sans cause identifiée.

  1. Confirmez l’identité mécanique : cylindrée, puissance, code moteur, date de fabrication et VIN.
  2. Consultez les factures : recherchez les échéances respectées, l’huile employée et les interventions sur l’injection, le refroidissement ou le turbo.
  3. Interrogez le réseau constructeur : demandez quelles campagnes concernent ce VIN et lesquelles ont été réalisées.
  4. Exigez un démarrage à froid : observez le ralenti, les bruits, les fumées éventuelles et les alertes au tableau de bord.
  5. Effectuez un essai varié : vérifiez la montée en régime et les reprises, sans confondre un à-coup de boîte avec un raté moteur.
  6. Faites lire les défauts OBD : un voyant éteint ne suffit pas ; les défauts mémorisés doivent être interprétés, pas simplement effacés.

Le bon choix reste un 1.3 TCe 140 entretenu, sans symptôme inexpliqué et aux correctifs vérifiables. Si le vendeur refuse l’essai à froid ou une expertise indépendante malgré des anomalies, mieux vaut chercher un autre exemplaire plutôt que compter sur la réputation globale du moteur.

Élise de La Ferrière
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